Préambule de la rédaction

La loi sur la fin de vie entre dans sa dernière ligne droite. Après un troisième rejet par le Sénat, le texte retourne devant l’Assemblée nationale. Le vote décisif est attendu le 15 juillet. En Saône-et-Loire, la sénatrice Marie Mercier, le député Éric Michoux et le député Étienne Dutremble ont annoncé voter contre. D’autres parlementaires du département ne se sont pas encore prononcés. Notre collaboratrice Colette Petitjean livre ici son analyse d’un débat qui divise le pays bien au-delà des hémicycles.

 

Écrit par Colette Petitjean
 
 
 

Loi sur la fin de vie : dernière ligne droite

Gérard Larcher va déposer un recours pour vérifier la constitutionnalité des dispositions sur cette loi « sur la fin de vie ». Procédure rare puisque depuis l’ouverture de ce droit aux parlementaires n’a été utilisée qu’à moins de dix reprises. De leur côté, les sénateurs de la majorité sénatoriale et droite et du centre vont faire eux aussi, leur propre saisine. C’est dire si cette loi divise frontalement, après son troisième rejet Mardi par le Sénat.
 
 
Quant à l’Assemblée Nationale, au fur et à mesure de son retour devant les députés, la majorité se prononçant pour cette loi, s’effrite à l’analyse de ses conséquences et de cette rupture anthropologique majeure au fur et à mesure de son examen et se réduit, mais reste défendue becs et ongles par idéologie par la gauche et LFI ainsi que par une partie du centre macroniste en soutien du Président Macron, qui veut la voir voter au plus vite (le 15 Juillet) pour marquer de son empreinte son deuxième septennat avec une Présidente de l’Assemblée Nationale qui lui est toute acquise.
 
 
Sous couvert de liberté, on va demander à une partie non négligeable de la population si elle veut vivre ou mourir et qui aura 48 heures pour se décider. Sachant que la loi Cleys-Léonetti, les directives anticipées, les soins palliatifs réglaient la presque totalité des problématiques de la fin de vie, pour autant que ces solutions étaient bien mises en œuvre et proposées aux malades.
 
Claire Fourcade, médecin spécialiste des soins palliatifs depuis 25 ans ainsi que 96 % des soignants tous services confondus, sont contre cette loi et refusent d’être ceux qui au lieu de soigner, donneront la mort à leurs patients. Elle indique que dans sa pratique médicale, elle a soigné près de 15 000 malades en fin de
vie en 25 ans et que seuls 3 ont réclamé la mort. (Voir son livre « fin de vie » édité chez Fayard).
Pour autant, le législateur n’a pas jugé utile de consulter ceux qui ont « les mains dans le cambouis » tous les jours et sont donc les mieux placés pour avoir un avis autorisé puisque c’est leur pratique quotidienne.
De même, ce sujet méritait un référendum et une consultation longue (promise par E. MACRON) de la population car chacun de nous peut un jour être concerné par cette question, pour lui-même ou pour ses proches.
 
On comprend bien que, derrière une loi instaurant un « nouveau droit » c’est en fait un encouragement à demander la mort, fausse liberté mais seule solution proposée à la population par manque de services de soins palliatifs et de soignants dédiés, c’est une solution économique bien pratique à la fois pour l’Etat (en déficit), la sécurité sociale (en déficit), les caisses de retraite et les assurances qui font ainsi des économies en abrégeant la fin de vie.
 
Enfin, quand les personnes en fin de vie ont le choix de vivre ou de ne pas vivre, et demandent conseil autour d’eux, c’est souvent une réponse en filigrane « c’est ton choix, ta liberté, tu fais ce que tu veux » mais comprise comme « tu peux partir, on ne te retient pas ». C’est tout le rapport aux anciens qui interroge la société, et de manière générale, le rapport aux plus vulnérables qui seront les premières victimes de cette loi mortifère.
 
La loi sur la « fin de vie » sera vraisemblablement votée par l’Assemblée Nationale, puisque c’est elle qui aura le dernier mot au terme de l’article 45 de la Constitution, alors que nombre de sénateurs de la majorité et du centre dénoncent le manque de garde-fous prévus par cette loi, tous rejetés par les députés.
 
Fait révélateur, Laurent Panifous Ministre des Relations avec le Parlement avait prévu une petite sauterie pour les parlementaires et le CESE à l’issue du vote le 15 Juillet, avec un « cocktail de célébration » pour fêter l’adoption de la loi pour le suicide assisté et l’euthanasie, mais devant le scandale de la motivation de cette réception, y a renoncé précipitamment.
 
 
En Saône-et-Loire, les parlementaires qui ont la liberté de vote dans leur groupe, se sont prononcés contre cette loi, à savoir, Marie Mercier, Médecin et Sénatrice LR, Eric Michoux, Député UDR de la Bresse, Aurélien Dutremble, Député RN et Conseiller régional Bourgogne Franche-Comté. Nous n’avons pas à l’heure actuelle, la position des autres parlementaires de Saône-et-Loire sur ce sujet majeur, INFO BRESSE est à leur écoute pour informer nos lecteurs de leur position et de leur futur vote.