Paulette Matray, l’ancienne maire qui veut donner une voix permanente aux communes

À mi-parcours d’une tournée de seize réunions dans les dix-neuf intercommunalités du département, la sénatrice sortante tire un constat sans fard et avance une idée neuve, une Assemblée des communes, par an, dans chaque arrondissement.

Une salle des fêtes, quelques rangées de chaises, des élus venus après leur journée de travail. De Louhans à Marcigny, de Cluny à Cuisery, la scène se répète. Et le diagnostic aussi. Le mandat de maire est devenu plus lourd, plus technique, plus exposé. Paulette Matray, tête de liste « Pour une Saône-et-Loire solidaire et humaniste », l’entend à chaque étape.

 

Le maire, homme-orchestre à bout de souffle

 

Trois inquiétudes dominent. Des normes toujours plus complexes, qui transforment le moindre projet en course d’obstacles. Des petites communes privées d’ingénierie, incapables de monter seules un dossier de subvention. Et la carte scolaire, vécue comme une épée de Damoclès, avec des fermetures de classes annoncées à quelques semaines de la rentrée.

 

« Un maire de village doit aujourd’hui être à la fois juriste, ingénieur, gestionnaire et assureur. Personne ne peut tout porter seul », résume la sénatrice.

 

L’école et l’assurance, deux textes déjà sur la table

 

Sur ces dossiers, elle ne promet pas, elle rappelle. Le 31 mars 2026, Paulette Matray a déposé une proposition de loi imposant l’accord du conseil municipal avant toute fermeture de classe dans les communes classées France Ruralités Revitalisation.

 

« Les communes paient l’école, l’entretiennent, organisent tout autour, et on ne leur demande même pas leur avis. Les maires doivent être des responsables, pas des spectateurs », tranche-t-elle.

 

Autre front, l’assurance. Les primes des collectivités ont bondi de 43 % entre 2020 et 2024, et les résiliations pleuvent. Dès le 30 janvier, la sénatrice a proposé un groupement de mutualisation des risques, financé par ses membres selon leur exposition et leurs efforts de prévention.

 

« Une commune ne peut pas rester sans assurance face à une inondation ou un incendie. La solidarité entre collectivités est la réponse la plus juste », plaide-t-elle.

 

Après le 27 septembre, le dialogue continue

« Ces échanges ne s’arrêteront pas avec l’élection. Je m’engage à créer une Assemblée des communes, qui se réunira chaque année dans chacun des cinq arrondissements de Saône-et-Loire », annonce Paulette Matray.

Le principe est simple. Une fois par an, à Autun, Chalon-sur-Saône, Charolles, Louhans et Mâcon, les maires et les conseillers municipaux seront réunis pour faire le point sur leur territoire et transmettre directement au Sénat les difficultés du terrain. Les autres sénateurs du département pourront y participer s’ils le souhaitent.

« J’ai été maire de Marigny pendant vingt-quatre ans, je sais ce que représente ce mandat. Ces rencontres m’ont rappelé que notre diversité fait notre force. Je veux la faire vivre au-delà du 27 septembre », assure-t-elle.

La tournée, elle, se poursuit jusqu’à l’avant-veille du scrutin.