RN/UDR :

déçus par tous les partis de « gouvernement », les Français se tournent vers l’alliance RN/UDR

Préambule de la rédaction

Le rapprochement entre le Rassemblement National et l’UDR redessine le paysage politique français. En Bresse, cette alliance s’incarne dans la figure du député Éric Michoux, omniprésent sur le terrain comme à l’Assemblée nationale. Notre collaboratrice Colette Petitjean livre ici son analyse des forces en présence à l’approche des sénatoriales de septembre et de la présidentielle de 2027. Un regard engagé, qui n’engage qu’elle.

La France va mal, c’est un truisme démontré par sa récente 99e place parmi les pays les moins sûrs au monde, avec des citoyens les moins satisfaits de leur sort à tous points de vue. Depuis des décennies, les alternances gauche/droite n’ont abouti qu’à maintenir un statu quo sans résoudre aucun des grands problèmes de la France : déficit budgétaire, insécurité, immigration incontrôlée, école, agriculture, systèmes de santé, de retraite, justice, industrie. Tous les secteurs sont en perdition, sauf un : le recouvrement de l’impôt, avec des taux d’imposition français parmi les plus élevés du monde pour combler un déficit toujours plus grand, tel le tonneau des Danaïdes. Désormais, les intérêts de la dette, et non son remboursement, représentent la première charge du budget de l’État.

Situation à la grecque ou à l’argentine, faute d’avoir pris les mesures nécessaires pour éviter d’en arriver là. Comme en médecine, si on ne soigne pas le plus tôt possible le mal à la racine, on s’expose à devoir employer la chirurgie lourde pour sauver le malade. L’impéritie a été largement partagée, faute d’appliquer le principe « gouverner c’est prévoir ».

Outre le tandem Marine Le Pen— Jordan Bardella, les députés RN de la Somme Jean-Philippe Tanguy et Charles Alloncle, député UDR de l’Hérault avec Éric Ciotti, défendent une alternative crédible par des mesures programmatiques concrètes, en totale rupture avec la doxa actuelle. On peut y ajouter localement le député UDR de la Bresse Éric Michoux, omniprésent à l’Assemblée nationale, intervenant dans l’hémicycle et en commission, sur les réseaux sociaux et dans sa circonscription. Il ne rate aucune manifestation et agit à titre personnel : distribution d’une partie de ses indemnités parlementaires à des associations, livraison de climatiseurs dans des Ehpad, soutien à l’activité économique avec les 37 usines de son groupe industriel GALILE et sa fondation GALILE.

Après avoir beaucoup ramé (quatre échecs aux législatives et un aux sénatoriales de 2020), varié politiquement (Modem, indépendant, LR) et s’étant droitisé au fur et à mesure des élections, appliquant la doctrine d’Edgar Faure —« ce n’est pas moi qui change, c’est le vent qui tourne »—, il est désormais un poids lourd politique départemental et national, très proche d’Éric Ciotti, s’installant durablement au pouvoir à tous les niveaux.

Cela se manifeste d’ores et déjà par son soutien au candidat RN/UDR aux prochaines élections sénatoriales du 27 septembre, Jean Masdupuy.

Dans les derniers sondages, Marine Le Pen serait Présidente de la République dans tous les cas de figure, sans aucun impact de ses déboires judiciaires, avec Jordan Bardella comme Premier ministre.

Éric Ciotti, allié « indépendant » du RN, « tend la main à tous ceux à droite qui veulent le changement », c’est-à-dire la rupture avec le pouvoir actuel, et en particulier à Bruno Retailleau qu’il invite à le rejoindre avec tous les LR non macronistes. Il élargit ainsi la base électorale de l’UDR et du RN en s’adressant aux électeurs par-dessus les appareils des partis. Cette « Union des droites », la plus large possible, est en effet nécessaire pour s’implanter le plus largement possible au Sénat et gagner la majorité aux futures législatives post-présidentielles de 2027.

Jean-Philippe Tanguy, pour le RN, veut privilégier la voie référendaire, avoir le soutien du peuple pour gouverner, en référence au Général de Gaulle. La France n’a pas eu de référendum depuis 2005, le résultat de ce dernier ayant été nié et contourné par Nicolas Sarkozy avec l’aide du Parlement.

Il s’oppose au partage de notre force française de défense nucléaire avec les autres pays membres de l’Europe, qui s’approvisionnent en armes américaines, se soumettent à l’OTAN sous domination américaine et ont des bases américaines sur leur territoire. Il veut réduire de moitié la contribution de la France à l’Union européenne, à qui il demande des économies drastiques de fonctionnement. Malgré son soutien à l’Ukraine, il estime que la France ne doit pas se dépouiller au profit de ce pays dans ce conflit extra-européen.

Leur projet politique repose sur deux jambes : des économies massives sur le fonctionnement de l’État, mais aussi une relance de l’activité économique par l’allègement des charges et la réduction des normes, sans oublier une réforme durable des retraites avec à la fois capitalisation et répartition, une durée d’activité plutôt qu’un âge légal, et des sanctions immédiates dès le premier délit. Voilà le futur programme de gouvernement du RN.

Éric Ciotti précise quelques mesures du programme de l’UDR allié au RN : simplification administrative avec deux échelons, la commune et la province ; libération économique par la simplification administrative et des normes ; suppression du droit du sol ; primauté du droit français sur le droit européen. Il « veut incarner le changement en rupture totale avec une éventuelle continuité » représentée par tous les partis au pouvoir depuis des décennies. « On ne peut plus continuer ainsi pour sauver la France et les Français, c’est une élection historique. » Il appelle à « une grande union des droites », s’adressant aux électeurs LR par-dessus le parti.

Après avoir dirigé LR et rompu avec ce parti en fondant l’UDR, Éric Ciotti invite aussi ses anciens amis LR, dont Bruno Retailleau, Xavier Bellamy, en opposition avec le pouvoir macroniste, à le rejoindre dans ce projet de refondation de la France.

Il n’est d’ailleurs pas seul à appeler à une « Union des droites », la partageant déjà avec Éric Zemmour, Marion Maréchal et d’autres personnalités, parmi lesquelles Philippe de Villiers, précisant que « ceux qui gagneront les élections seront ceux qui seront capables de renverser la table ». Il se heurte aussi à de nombreux élus LR qui refusent toute alliance possible avec le RN et l’UDR, alors que les électeurs LR réclament l’Union des droites pour accéder au pouvoir, comme jadis l’Union de la gauche avec François Mitterrand.

Éric Michoux s’inscrit dans la droite ligne d’Éric Ciotti et prône lui aussi « l’Union des droites ». Si Marine Le Pen arrive au pouvoir, Éric Ciotti ne revendique rien pour lui-même, mais l’UDR aura forcément sa place au gouvernement. Parmi ses membres, Éric Michoux pourrait être ministre de l’Industrie, voire du Redressement productif et de l’Économie, comme le fut Arnaud Montebourg sous François Hollande. Un secteur qu’il maîtrise parfaitement de par ses activités industrielles.

INFO BRESSE suivra de près la politique nationale et son impact sur la Bresse, et vous informera au fur et à mesure des échéances électorales.

Colette Petitjean