À l’approche des élections sénatoriales du 27 septembre 2026, Colette Petitjean a interrogé Jean Masdupuy, candidat RN-UDR en Saône-et-Loire. Au programme : le rôle d’un sénateur d’opposition, la DGF des petites communes, le budget, la souveraineté nationale et la proposition d’une assemblée des maires. Un entretien sans concession, où le candidat expose ses positions sur les grands sujets qui traversent la campagne.
Écrit par Colette Petitjean
En Saône-et-Loire quel serait l’avantage d’avoir un sénateur RN-UDR pour les collectivités territoriales ?
J.M. Aujourd’hui, être sénateur depuis 2 mandats n’a pas amélioré la situation, pas d’opposition à la politique française depuis 15/20 ans. Si on a un groupe de sénateurs RN-UDR, cela représente plusieurs des aspirations des Français, et nous pourrons peser dans les 2 chambres sur un certain nombre de décisions, choix, orientations, ce qui est impossible à faire avec les sénateurs qui sont en place depuis des années. Pour nous, les sénatoriales ne s’arrêtent pas le 27 septembre, nous labourons le terrain et restons à la disposition des Maires et des élus après les élections.
Votre allié et soutien à l’Assemblée Nationale, le Député Eric Michoux, UDR, souhaite indexer la DGF versée par l’Etat aux collectivités, sur la présence (ou non) des services publics de proximité dans les petites communes, pour qu’elles soient moins pénalisées. Soutiendriez-vous cette proposition au Sénat ?
J.M. Je suis favorable à cela car j’en parlais avec un Maire qui me disait que ses administrés payaient plus de taxes foncières dans sa commune rurale, qu’à Mâcon ou à Lyon où résidaient ses enfants, sans avoir les services qui vont avec, cette taxe foncière étant injuste dans les petites communes, il faut regarder les choses en face.
Le 18 Septembre 2026, Jordan Bardella a été reçu avec tous les chefs des partis politiques par le Président Macron. En tant que favorite pour 2027, Marine Le Pen « marche sur des oeufs » sur le budget. Si vous êtes élu sénateur, quelle sera votre position par rapport au vote de ce budget : opposition frontale, adoption par défaut, censure, abstention ?
J.M. Il faudra voir dans le détail ce budget, car finalement on a des incompétents au pouvoir depuis 15/20 ans, on le voit dans l’industrie nucléaire. La filière nucléaire a vu les EPR victimes de décisions politiques qui ont retardé leur fabrication, (avec des stop and go incessants) et maintenant on voudrait des EPR pour 2030 c’est impossible. Face à cela, on nous dit que l’on a plus le choix que des énergies renouvelables, mais intermittentes. On nous met face à nos contradictions avec une situation à l’Assemblée Nationale de 3 blocs politiques et on nous demande de voter un budget épineux avant la Présidentielle avec un pistolet sur la tempe. Il nous faudra du courage, mais on ne s’interdit rien, si le gouvernement veut la censure, on ira le censurer.
Votre allié UDR, Eric Michoux a déposé avec le Député RN Aurélien Dutremble et d’autres députés UDR, une proposition de loi constitutionnelle concernant la souveraineté de la France à tous les niveaux : agricole, énergétique, industrielle, technologique, numérique, sanitaire, alimentaire, de défense, (loi constitutionnelle n° 2766 dépôt du 7/5/2026 A.N.). Cette loi vise à inscrire au sommet de notre hiérarchie des normes, le principe général de souveraineté nationale. Si vous êtes élu sénateur, soutiendrez-vous ce projet de loi, avec toutes les conséquences possibles ?
Frexit, dénonciation des traités européens, politique de la chaise vide, refus/restriction des subventions françaises à l’Europe ?
J.M. Il faut réagir, la souveraineté est primordiale pour un pays. Si vous voulez défendre les intérêts français, il faut avoir une stratégie, car si vous n’en avez pas, ne vous inquiétez pas les autres pays en auront une pour vous. L’Allemagne en a une : c’est une union européenne en faveur de ses intérêts propres et la France lui a tout abandonné : traités de libre-échange en faveur de l’industrie allemande au détriment de l’agriculture française, abandon de l’énergie pas chère en France construite par le Général de Gaulle par l’industrie nucléaire, etc…
Je ne pense pas que nous irons jusqu’au frexit mais le couple franco-allemand n’a jamais existé que dans la tête des Français. Les 2 piliers de la construction européenne sont la France et l’Allemagne, si un de ces 2 pays quitte l’union européenne, c’en est fini de l’Europe. Après avoir bradé de nombreux fleurons de l’industrie française, Macron veut maintenant partager la dissuasion nucléaire avec l’Allemagne, ainsi que notre siège permanent à l’ONU. La dissuasion nucléaire depuis 60 ans, c’est 18 milliards/an, soit environ 1 400 milliards d’euros payés par les Français, soit la moitié de notre dette, que l’on offre sur un plateau d’argent à l’Allemagne. La souveraineté, c’est un état d’esprit, avec des arguments et des moyens que nous avons pour peser face à l’Allemagne. De Gaulle disait que « l’Allemagne nous a fait 2 fois la guerre que nous avons gagnée, et si l’Allemagne reprend des vélléités guerrières, il faudra être prêt à nouveau à refaire la guerre. » C’est un rapport de forces, il faut être capable de le faire, après 60 ans d’abandon mais on peut envoyer des signaux forts à l’Assemblée Nationale, au Sénat, à la Présidence de la République, pour une politique unie dans un ensemble cohérent, si on est désunit, ce sera difficile d’agir tant à l’extérieur, qu’à l’intérieur.
Paulette Matray, sénatrice PS sortante, veut organiser, si elle est réélue, une fois par an, avec les autres sénateurs, l’ensemble des élus, etc..une assemblée des Maires pour une voix permanente des communes sur tout le territoire. Si vous êtes élu, seriez-vous favorable à cette initiative ?
J.M. Oui, on peut travailler avec tout le monde, toutes les bonnes volontés. Maintenant si c’est de l’affichage, une coquille vide, c’est non. Nous ne sommes pas dogmatiques, toutes les bonnes idées sont bonnes à prendre. Cela dit, d’expérience, une réunion à plus de 10 personnes sans objectifs ni idées claires, cela risque d’être plus de l’affichage qu’une piste véritable de travail efficace.
Colette Petitjean