Après l’alerte sur la présence de PFAS dans notre environnement et nos assiettes, la recherche et l’industrie s’activent pour trouver des solutions de remplacement. Des substituts chimiques aux matériaux biosourcés, en passant par l’abandon progressif de ces substances par de grandes marques, Colette Petitjean fait le point sur les pistes qui pourraient signer la fin des polluants éternels.
Enfin une bonne nouvelle, vers la fin des polluants éternels
L’industrie, consciente des problèmes générés depuis plusieurs décennies par la persistance dans l’eau, l’air et la terre de ces polluants éternels, recherche depuis des décennies à remplacer ces substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS). Ces dernières se sont imposées dans d’innombrables applications par leurs propriétés uniques : résistance à la chaleur, durabilité chimique, particularités hydrophobes et oléophobes.
Quelques exemples de l’utilité dans notre quotidien de ces « polluants éternels » que l’on retrouve dans les poêles antiadhésives, les emballages alimentaires, les textiles imperméables, les cosmétiques, les mousses anti-incendie et les revêtements industriels, avec le revers de la médaille : ces indéniables avantages concentrent dans l’environnement une persistance extrême de ces molécules et leur accumulation dans les organismes vivants.
C’est pourquoi la recherche scientifique alliée à l’innovation industrielle recherche des solutions de remplacement sans ces inconvénients majeurs. À l’heure actuelle, selon l’American Chemical Society, plus de 500 alternatives potentielles existent, d’origines diverses, dont le HFPO-DA ou l’ADONA, à l’étude pour remplacer certaines applications industrielles. Avec d’autres matériaux d’origine naturelle, comme l’amidon, les protéines végétales ou la chitine, pour des revêtements alimentaires performants et biodégradables, qui pour l’instant, ne sont pas encore aussi efficaces, en particulier pour les mousses anti-incendie.
Le remplacement direct des PFAS ne se limite pas à sa substitution, de façon à éviter les « substitutions regrettables » si celles-ci sont aussi problématiques pour la santé ou l’environnement que les PFAS. Certains travaux académiques proposent des principes différents de conception moléculaire pour des matériaux performants sans les liaisons carbone-fluor rendant les PFAS si persistants. Avec une autre approche de la chimie sans PFAS, pensée dès le départ pour minimiser les risques à long terme.
Quelques exemples concrets : dans le secteur de la mode et du textile, les marques Patagonia ou Fjällräven abandonnent progressivement les traitements à base de PFAS, malgré toutes les difficultés engendrées par cette orientation.
Pour les mousses anti-incendie, des formulations fluorées neutres (F3) sont en cours de développement pour atteindre d’ici quelques années les mêmes performances que les mousses avec PFAS, sans leurs inconvénients.
Dans le domaine de l’emballage alimentaire, il existe aussi une combinaison de polymères biosourcés avec des traitements alternatifs pour fournir des solutions efficaces.
Et toutes ces initiatives témoignent de la volonté des industriels de s’affranchir de cette dépendance aux PFAS, bien conscients de leur impact « éternel » sur l’environnement.
C’est ainsi que s’ouvre une nouvelle ère de la chimie des matériaux, cette substitution aux PFAS représentant un véritable défi scientifique et technologique, mais pas insurmontable. Même si concilier performance, sécurité et durabilité reste encore une longue route à parcourir, encouragée toutefois par la mobilisation de cadres réglementaires incitatifs et la mise à disposition de bases de données accessibles à tous les acteurs pour accélérer cette transition.
Dans le futur, il ne s’agira pas seulement de remplacer les PFAS, mais de repenser complètement nos modes de conception des matériaux pour une chimie plus sûre, circulaire et respectueuse de notre santé et de l’environnement, cette révolution pouvant signer la fin des « polluants éternels ».
Reste une dernière question : il faudra bien un jour éliminer tous les « polluants éternels » de notre environnement par des moyens appropriés, ceux-ci se déclinant à la fois sur les plans financiers et scientifiques.
Source : FIDAL avocats.
Colette Petitjean